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«La pêche au risque des changements  climatiques.»

Le vendredi 21 octobre 2016 alors que le public  se pressait au village du Vendée Globe aux Sables d’Olonne, des auditeurs motivés  venaient écouter  Alain Le  Sann,  à la salle des fêtes de la Chaume : « Climat :les enjeux pour la pêche.»  C’était dans la suite des conférences initiées par MERAVENIR.  Le 21ème siècle sera-t-il bleu ? La mer a-t-elle la solution aux problèmes terrestres de pollution, de dégradation des ressources ? Mais est-elle encore un espace naturel ?  Elle est déjà  quadrillée  par un certain nombre d’ONG (Organismes Non Gouvernementaux) qui n’ont pas une priorité pour l’humanitaire, à la différence du CCFD Terre Solidaire.  L’industrialisation de la mer,  la montée des eaux, inéluctable, évaluée à un mètre prévisible sur un siècle suite au réchauffement du climat,  la pollution et l’acidification des océans qui compromettent le renouvellement du plancton, voilà des défis considérables qui incitent à  anticiper et innover auprès  des décideurs politiques. Des organismes instituent des zones marines protégées dans le but essentiel de faire du profit, biotourisme,..

Cette financiarisation des forêts, des mangroves, des océans et des poissons ouvre la voie à une croissance verte ou bleue. Dans ce contexte, le poisson n’est plus perçu d’abord comme une ressource alimentaire, mais comme un actif naturel générant des flux financiers et des services environnementaux.

On en exclut les habitants des côtes et les communautés de pêcheurs  en les privant de leurs moyens d’existence.  Pourquoi les marins-pêcheurs qui gèrent la  ressource en connaissance de ces divers enjeux sont-ils tenus à l’écart des instances de décision ?  Ils  ont  des  capacités de gestion collective, comme on peut le voir au Sénégal, ou dans la Manche autour de Jersey.

Par nature la pêche n’est pas destructrice. La pêche  responsable,  c’est de l’ordre de la cueillette. Remuer certaines zones, pour pêcher des espèces ciblées (langoustine..),  c’est aussi leur donner une capacité de renouvellement. Le poisson demeure un aliment sain. La  priorité doit demeurer aux usages alimentaires avant la  pêche en vue de constituer des farines alimentaires comme le font Russes et Chinois au large de l’Afrique de l’Ouest. Cette pêche minotière représente 30% des prises mondiales et bien souvent sur du petit poisson (sardinelle..). On regrette que ce ne soit plus les États qui créent le droit international, mais  les grands trusts financiers  et  des lobbies environnementalistes.  Alors au lieu de vendre les écosystèmes  à des fonds fiduciaires, il convient de créer des RMP (réserves marines protégées), comme le proposent des scientifiques à l’usage de la  pêche professionnelle alimentaire. Selon Alain Le Sann,  c’est envisageable pour jusqu’à 70 %  des océans. Lutter contre la privatisation des espaces marins : ainsi aux Philippines  l’interdiction de la pêche jusqu’à 15 kms des côtes pour une priorité au biotourisme a suscité  l’indignation de  la population.  Il y a un accaparement des mers, comme il y a eu un accaparement des terres en des pays en développement. À dénoncer.

Globalement la ressource est là. Quand elle  s’éteint dans un espace, elle se reconstitue ailleurs ;  ainsi pour la morue qui a émigré plus au nord. Des espèces se reproduisent très vite.  Un défi, celui de  gérer l’ingérable, car l’avenir de la mer est soumis à de multiples facteurs qui, en grande partie, nous échappent .

Avec la Mission de la Mer et sa longue histoire au service des marins-pêcheurs, avec le CCFD Terre Solidaire à visée humaine, soutenons la pêche durable, côtière pour les artisans pêcheurs,  du grand large pour les autres,  et que les marins-pêcheurs  et leurs organisations professionnelles soient associés aux décisions qui les concernent.

Quel avenir pour ce métier ? Marin pêcheur est un métier hors du commun,  confronté à des conditions climatiques et de travail difficile,  un métier qui contribue à la nourriture des humains, un métier où ceux qui le pratiquent savent qu’il faut veiller  à faire une pêche durable et responsable pour sauvegarder les ressources et les éco systèmes.

Contribuer pour sa part au changement des mentalités et des pratiques individuelles et collectives en rapport avec la mer, en lien avec les autres pays du monde, tel est l’objectif  de MERAVENIR : La mer à tous, la mer à partager, la mer à sauvegarder, la mer chemin vers l’autre.

En conclusion le président, Yves Vasseur, annonçait une autre conférence organisée par MERAVENIR, avec Laurent Labeyrie « Changement climatique – Conséquences pour l’homme et l’océan.»  pour le samedi 12 novembre, à l’espace Olonne à Olonne-sur-Mer, 85340, à 19h 30.

De plus MERAVENIR reçoit deux partenaires « CCFD Terre Solidaire » avec l’ADEPA (Association Ouest-Africaine pour  le Développement de la Pêche Artisanale) et KIARA (Coalition populaire pour la justice dans la pêcherie. Indonésie) , pour le  lundi 14 novembre, salle Audubon, 60 Boulevard Pasteur, 85100 Les Sables-d’Olonne, à 19h 30 –

 

 

 

 

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