La mer partagée

Le  regretté Robert Gaborit,  natif de l’ile d’Yeu et  décédé  en mai 2015,  invitait à « partager la mer »,  sans nostalgie.

 L’habitat

En circulant dans les rues de Saint Gilles on voit fleurir les agences  immobilières et, par curiosité, il m’arrive de parcourir les affichages dans les vitrines. « A vendre, maison de pêcheur. » Un jour cette annonce m’a frappé : un argument de vente pour céder. à bon prix les maisons de nos ancêtres aux Vacanciers en quête d’une villa au bord de la mer.

Pendant ce temps, les jeunes pêcheurs ou artisans s’installent dans le  « rétro-littoral », là où l’achat d’un  terrain est moins lourd. Brassage de population, occupation massive de gens- venus s’établir parfois définitivement à l’heure de la retraite, au bord de l’océan. Les hommes se pressent le long des côtes dans le monde entier disent les géographes! Les espaces littoraux sont devenus objets de convoitise. (Par le fait même difficiles â protéger.) Bon gré, malgré, il nous faut donc les partager.

Les ports

Les ports eux aussi exigent la cohabitation entre pêche et plaisance. Berceau de la famille Benéteau, le Havre de Vie abrite un port de plaisance grandissant dans les méandres de l’estuaire tandis que la pêche se dissimule dans deux petites darses. Cette situation se vérifie dans la quasi totalité des ports français. Désormais, aux Sables d’Olonne, la pêche s’est réfugiée auprès du centre de marée pour laisser place aux pontons de la plaisance. A quelques encablures de Saint Gilles, Port Brétignolles verra-t-il le jour?

La mer

La mer elle-même doit se partager quotidiennement surtout à partir des beaux jours. L’année dernière, au 15 août, après la messe célébrée au port de pêche, le clergé local s’est déplacé sur le canot de sauvetage pour déposer au large une gerbe à la mémoire des disparus. Les bateaux pêche-plaisance étaient si nombreux à entrer dans la passe que nous avions difficulté à nous frayer un chemin. L’heure de l’apéro avait sonné!

Les pêcheurs plaisanciers sont aujourd’hui plus nombreux que les professionnels. Leurs associations et fédérations représentent une force non négligeable sur l’échiquier politique. II s’agit donc de compter avec eux.

II serait bon de mentionner aussi le très grand développement de la voile de loisir et de compétition: autres manières de vivre la mer. Il faudrait ajouter les sports de plage: planches à voile, surf et kitesurf qui passionnent les jeunes générations ainsi que l’étonnant scooter des mers qui vrombit à l’horizon.

La culture maritime

Le pêcheur professionnel constate qu’il n’est plus le seul utilisateur de l’espace marin. II doit donc se résoudre à n’être plus l’unique propriétaire de cet élément liquide. Autrefois, on admirait les hommes courageux qui affrontaient cet espace dangereux pour gagner leur vie. Aujourd’hui, (et aux dires mêmes de certains pêcheurs sur les quais), ils ont perdu leur image de « braves marins ». Ils sont devenus des « prédateurs » aux yeux d’une opinion publique sournoisement alimentée par des déclarations écologiques intempestives! Exit les visages romantiques des vieux cap-horniers. Les héros du moment se mesurent à la mer dans le  Vendee-Globe  ou la Course du Figaro. C’est donc toute une culture maritime qui change de sens et qu’il faut bien partager.

Pour conclure:

Mon propos ne se veut pas amer. J’aimerais simplement rappeler à chacun que le temps n’est plus à l’agressivité devant les foules estivales. II s’agit plutôt d’organiser la cohabitation, briser l’enfermement, faire le premier pas que nous attendons parfois du visiteur. Nous possédons des richesses culturelles issues des vieilles traditions maritimes qu’il faut pouvoir exprimer. (La communication nous manque cruellement.)   Sachons accueillir les gens de passage. Respectons-les. Ils ont souvent des choses à nous dire et même à nous apprendre. A eux de ne pas « bronzer idiots » et à nous tous de partager la mer nourricière, la mer loisir, la mer sportive, la mer en famille, surtout pour le temps des vacances.    Robert GAB0RIT   dans le bulletin du doyenné de St Gilles-Croix de Vie  en Vendée.

.REJOINDRE LES GENS DE MER avec :

-La Mission de la Mer, présence d’Eglise en monde maritime, propose une réflexion humaine et chrétienne aux gens de mer et à leurs familles: pêche, commerce et désormais aussi la plaisance. M Robert BOUGUEON, président, avelmorgv@gmail.com

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En Vendée Aumônerie des gens de mer. 15  quai Garnier 85 100. Les Sables d’Olonne :

-Cap Vrai pour une spiritualité de la mer. L’association capvrai.com  selon laquelle « la mer est ce milieu naturel qu’il importe de préserver (y compris les rivages marins) car il conditionne l’existence des êtres vivants sur notre terre. » Contact :  escalesables@capvrai.com  06 07 39 36 12 pour la Vendée.

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