POUR QUE LA MER NE SOIT PLUS UNE POUBELLE

Serge POIRET écrivait dans « Ouest-France » : mars 2010

Les déchets fragmentés, piégés par les courants, se concentrent dans une vaste zone, dans la mer des Sargasses. Les impacts sont méconnus, mais on sait que nombre d’animaux en souffrent. Pendant vingt-deux ans, les chercheurs et les étudiants en océanographie de l’association américaine Sea Education sont allés tirer leurs filets à mailles fines plus de 6 000 fois dans les eaux de l’Atlantique, entre la Nouvelle-Écosse (Canada) et les Caraïbes. Il s’agissait de dénombrer les espèces, mais aussi les déchets.

Fin février, lors d’un congrès à Portland (Oregon), ils ont dressé un bilan pas très ragoûtant de cette campagne inédite. Depuis 1997, on savait l’existence d’une vaste décharge au milieu du Pacifique, « un continent de plastique » avaient imagé les marins tombés dessus.

80 % proviennent des continents

Sea Education a découvert une concentration comparable dans l’Atlantique, à environ 1 000 km des côtes américaines, dans la mer des Sargasses. Une étendue, plus grande que la France, où des déchets de plastiques légers sont concentrés à raison de 200 000 fragments par kilomètre carré, sur une profondeur de dix mètres. Comme les courants tournent en rond et que les vents sont faibles, cette « soupe » plastifiée ne se disperse pas. Les déchets restent là, issus pour beaucoup de produits de consommation, la plupart gros comme des confettis. Cent millions de tonnes de plastiques sont produites chaque année dans le monde ; Greenpeace estime qu’un dixième finit dans les océans. De cette masse, 20 % proviennent des bateaux et plateformes offshore et 80 % de la terre.

Les poissons en mangent, nous aussi…

Les qualités de durabilité qui font le succès des objets en plastique deviennent un problème majeur une fois dans la mer. Ils durent. Mais, pas sous forme de bouteille, de boîtes, de sacs ou de bidons. Sous l’action du soleil, des vagues, de l’abrasion, ils s’émiettent en morceaux toujours plus petits. « Les impacts sur l’environnement marin restent méconnus, observe Kara Lavender Law, océanographe à la Sea Education. Mais nous savons que de nombreux animaux marins mangent ces plastiques et que cela à un effet néfaste sur les oiseaux en particulier. » Une prochaine expédition, en juin, ira approfondir la question. En 2008, l’océanographe Charles Moore a publié une étude évaluant à 267 le nombre d’espèces animales mammifères, poissons, oiseaux, tortues affectées par les déchets de plastiques. Près de la moitié des oiseaux marins en mangent un jour ou l’autre, par erreur. Parfois, ils en meurent, l’appareil digestif obstrué. L’humain aussi pourrait en subir les conséquences. Les morceaux de plastique, véritables éponges, concentrent les polluants. Lesquels, absorbés par les poissons, risquent fort de remonter jusqu’à nos assiettes.

Serge POIROT

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